La natalité belge atteint un plancher historique. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, la Belgique n’avait enregistré aussi peu de naissances. Les données de Statbel montrent qu’en 2024 seulement 108.105 enfants sont venus au monde. Soit une baisse de 1,9 % par rapport à 2023. Cette diminution confirme une tendance durable qui touche l’ensemble du pays et alerte démographes comme responsables politiques sur ses conséquences possibles.

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La natalité belge atteint un plancher historique. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale, la Belgique n’avait enregistré aussi peu de naissances. Les données de Statbel montrent qu’en 2024 seulement 108.105 enfants sont venus au monde. Soit une baisse de 1,9 % par rapport à 2023. Cette diminution confirme une tendance durable qui touche l’ensemble du pays et alerte démographes comme responsables politiques sur ses conséquences possibles.

Un recul dans toutes les régions :

  • La Wallonie affiche la diminution la plus marquée avec -3,9 %.
  • Suivie de Bruxelles avec -1,1 %.
  • Et en Flandre avec -0,9 %.

MOINS D’ENFANTS ET DES PARENTS PLUS ÂGÉS

L’indice conjoncturel de fécondité (ICF), qui mesure le nombre moyen d’enfants par femme, est tombé à 1,44 en 2024 (contre 1,47 en 2023). Les différences selon la nationalité sont frappantes : 1,33 pour les femmes belges, contre 1,89 pour les femmes étrangères.

Autre évolution notable : les Belges deviennent parents plus tard. L’âge moyen au premier enfant atteint 31,4 ans pour les femmes et 34,3 ans pour les hommes. Dans certaines provinces, comme le Brabant wallon ou Bruxelles, les mères dépassent même les 32 ans.

DES RÉPERCUSSIONS ÉCONOMIQUES

Cette évolution démographique inquiète les économistes. Philippe Ledent, d’ING Belgique, souligne que « davantage de personnes quitteront bientôt le marché du travail qu’il n’en arrivera de nouvelles ». Cela accentuera la pression sur le financement des pensions et des soins de santé, déjà en forte croissance. Pour maintenir l’équilibre, il faudra augmenter le taux d’emploi et mobiliser toutes les ressources disponibles.

UN IMPACT VISIBLE DANS L’ENSEIGNEMENT

La baisse des naissances se reflète aussi dans les écoles. D’après le Cerpe de l’UNamur, le nombre d’enseignants en Fédération Wallonie-Bruxelles pourrait diminuer d’ici 2029. Les projections annoncent la disparition de 459 postes en maternelle et de 1.765 postes en primaire. Le secondaire resterait stable à court terme, tandis que l’enseignement supérieur connaîtrait une légère hausse avant de reculer à son tour. Ces évolutions suivent directement la diminution attendue du nombre d’élèves.

UN DÉFI POUR L’AVENIR

La dénatalité n’est pas qu’une statistique : elle annonce des transformations profondes pour la société belge. Vieillissement accéléré, pressions budgétaires, réorganisation du système scolaire… Autant de défis qui nécessitent une anticipation politique et économique. Adapter les politiques publiques sera indispensable pour que le pays puisse affronter sereinement cette mutation démographique dans les années à venir.