On est loin des PowerPoint et des discours institutionnels à n’en plus finir. Le séminaire en action culturelle c’est des rencontres, des déclics et surtout, c’est mettre la main à la pâte. ACTION !

© Amélie Rodono – Un QG culturel pour notre séminaire d’action culturelle

Avec neuf camarades, nous avons partagé deux semaines sur le terrain. Nous voulions comprendre ce qu’était l’action culturelle, créer des projets, interroger et débattre avec des professionnels du secteur, découvrir de nouveaux endroits et c’est ce que nous avons fait.

 

CONCEVOIR UNE MÉDIATION DE A À Z

L’un de nos premiers projets professionnels consistait à créer un projet de médiation culturelle complet. Ce n’était pas simplement imaginer une activité : nous devions penser à chaque étape, de la thématique au public, en passant par les outils de médiation et les objectifs.

En me mettant dans la peau d’une animatrice, j’ai donc conçu une médiation avec mon équipe. L’animation a eu lieu un après-midi au Musée du folklore et des imaginaires (MuFIM) sur le thème de la mémoire collective et de l’identité culturelle à travers le conte en tant qu’outil de médiation culturelle.

© Amélie Rodono - Une découverte du conte avec Daniel Barbez

© Amélie Rodono – Une découverte du conte avec Daniel Barbez

Nous avons eu l’occasion d’inviter et de rencontrer Daniel Barbez, auteur de  » La plume et le Grand Solant ». Son univers ancré dans la tradition orale et le folklore tournaisien nous a permis de tisser des liens entre l’imaginaire, le folklore et le patrimoine. Il nous a conté son histoire grâce au kamishibaï, un support de médiation visuelle et narrative. Il nous fait naviguer entre le picard, la ville de Tournai, le poids des mots et l’importance du livre.

Le public a ensuite été invité à échanger avec l’auteur, partageant ses ressentis, ses interprétations et ses interrogations.

 

La seconde partie de la médiation proposait une activité artistique et créative. Les participants devaient s’inspirer d’objets du musée liés au folklore local pour inventer et illustrer leur propre conte, qu’ils présentaient ensuite grâce à un kamishibaï. Cette technique montre bien que la médiation culturelle vise à tisser des liens.

 

DES PLIS ET DES MOTS

C’est quoi l’action culturelle ? Pour répondre à cette question et dissiper les stéréotypes associés, nous avions comme autre projet professionnel de concevoir un outil de médiation culturelle pour les portes ouvertes de notre école supérieure, la HELHa.

© Amélie Rodono – Création d’un livre pop-up représentant l’action culturelle

Avec ma coéquipière, nous avons donc conçu un livre pop-up grâce à la technique du kirigami. Le choix du conte n’est pas anodin. Nous sommes tous, d’une certaine manière, de grands enfants. Le conte s’adresse à notre imagination et à nos émotions, tout en utilisant des codes familiers depuis notre enfance. Face à un sujet peut-être abstrait ou nouveau, ces repères familiers nous apaisent et nous permettent une introduction progressive dans l’apprentissage.

Pourquoi un pop-up ? Pendant les deux semaines du séminaire, nos idées surgissaient de façon spontanée, à l’image du secteur de l’action culturelle où tout peut « pop », apparaître et se déployer. Nous nous sommes aussi inspirés de notre vécu : lors d’une porte ouverte pour des étudiants en journalisme, nous avions remarqué que le public avait besoin de toucher et de manipuler. Nous avons donc cherché à concevoir un objet concret et tangible, capable d’engager à la fois le corps et l’esprit.

La médiation autour du livre se déroule en deux étapes. Tout d’abord, le conte est lu pour éveiller les émotions, susciter l’intérêt et stimuler l’imagination, permettant à chacun de s’immerger dans l’histoire. Ensuite, un mode d’emploi explique le fonctionnement du livre et approfondit son contenu, ce qui permet à ceux qui le souhaitent d’aller plus loin. Ici, la forme sert le fond : chacun peut découvrir le livre intuitivement ou explorer ses mécanismes et son message plus en profondeur.

 

CE QUE J’EN RETIENS

Ma valise est encore plus remplie qu’avant. J’ai appris à travailler en équipe, créer des projets, à ouvrir et à m’intéresser à des lieux culturels et à parler avec des professionnels du terrain. J’ai développé la capacité de donner du sens et de faire des liens dans ce que je faisais. Je sais désormais que j’ai envie de transmettre, de raconter, et de partager avec le monde. Je sais quel chemin je veux suivre dans le monde professionnel.